Entre ouverture camerounaise, puissance économique, mémoire historique, codes traditionnels et controverse Stéphanie Mbida, deux conceptions de l’avenir bamiléké se dessinent — et un vieux roi les réconcilie presque ?

— Voix-Plurielles, 5 septembre 2026

Chicago accueille en ce moment la sixième édition de l’All Bamiléké Convention of North America (ABC). Organisé du 4 au 6 septembre 2026 au Tinley Park Convention Center par l’Illinois Bamiléké Association, l’événement se déploie sous un thème évocateur — « The Greatness From Our Roots », la grandeur à partir de nos racines — et une devise : « One People – One Destiny » [1]. La présentation officielle insiste sur un mot : homecoming, un retour aux sources qui rassemble la diaspora des États-Unis, du Canada, d’Europe et d’Afrique, et qui se veut ouvert — « ALL ARE WELCOME » [1].

Après plusieurs semaines de controverse autour de certains choix de programmation, notamment l’invitation de Stéphanie Mbida, le moment est venu de déplacer le regard. Car Chicago pose désormais une question plus intéressante que celle de savoir qui aurait dû ou non être invité : quelle vision du peuple bamiléké l’ABC porte-t-elle réellement ? Et, par comparaison, quelle vision défend La’akam, autre organisation importante de la diaspora, qui place au cœur de son action la mémoire des violences subies et ce qu’elle appelle la « renaissance » bamiléké ?

Les deux organisations parlent du même peuple, de solidarité, d’avenir et de développement. Pourtant, lorsqu’on examine leurs priorités et leurs choix symboliques, une différence de point de départ apparaît. Nous sommes peut-être devant deux philosophies distinctes — non pas ennemies, mais incomplètes l’une sans l’autre.

Chicago : une convention qui assume «l’ouverture»

Il faut d’abord reconnaître ce que l’ABC est devenue. Sa programmation traduit fidèlement une philosophie de puissance économique et d’ouverture : Business Expo, entrepreneuriat, investissement, intelligence artificielle, immobilier, transmission patrimoniale, réseautage, leadership, jeunesse, culture, musique, gastronomie [1]. L’ambition affichée est de transformer un capital individuel — celui d’une diaspora dynamique — en puissance collective, au bénéfice non seulement de l’Ouest, mais du Cameroun tout entier.

Cette orientation rejoint une dimension profondément enracinée dans l’histoire économique bamiléké : entreprendre, investir, transmettre, tisser des réseaux de solidarité et faire de la mobilité une opportunité. Mais l’ABC y ajoute l’ouverture. Le message semble être que l’affirmation bamiléké ne doit pas conduire au repli bamiléké. C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre la présence de personnalités non-bamiléké et la volonté de faire de la convention un espace de dialogue au-delà des frontières communautaires.

Encadré — Un nom qui en dit trop, ou pas assez ?

Une partie des malentendus autour de l’événement tient peut-être à son nom même. L’appellation complète est All Bamiléké Convention of North America, portée par une association régionale, l’Illinois Bamiléké Association [1]. Mais sous sa forme courte — « All Bamiléké » —, le repère géographique disparaît, et il ne reste qu’une formule qui laisse entendre que l’organisation parlerait au nom de l’ensemble du peuple bamiléké : plusieurs millions de personnes réparties entre une constellation de chefferies. La devise « One People – One Destiny » renforce encore cette lecture unitaire. Or une convention de diaspora, si dynamique soit-elle, ne détient aucun mandat coutumier ou politique pour représenter « tous » les Bamiléké.

Le mot « Convention » ajoute sa propre ambiguïté. En anglais américain, il désigne un grand rassemblement, un salon, une foire-congrès. En français, il glisse vers l’assemblée délibérante — qui tranche et mandate — ou vers le pacte. Un lecteur francophone peut donc y entendre une autorité représentative là où il s’agit d’un homecoming festif, culturel et économique.

La tension la plus féconde oppose enfin le nom au slogan : « All Bamiléké » centre une identité, tandis que « ALL ARE WELCOME » proclame l’universalité [1]. L’affaire Stéphanie Mbida se loge exactement dans cet écart — la même organisation se revendiquant comme la maison des Bamiléké et comme une maison ouverte à tous. Le nom ne tranche pas ; il promet les deux, ce qui garantit que la question resurgira à chaque choix de programmation. Il faut toutefois rester mesuré : « All X » est une convention de nommage courante dans les diasporas nord-américaines et n’implique pas nécessairement une revendication de mandat ; les organisateurs désamorcent d’ailleurs eux-mêmes une partie du malentendu avec le « of North America » et l’ « ALL ARE WELCOME ». La confusion relève moins de l’usurpation que d’une ambiguïté non résolue — celle-là même qui traverse tout ce dossier.

Fo’o Sokoudjou : « mes enfants », mais aussi le Cameroun

La présence à Chicago de Sa Majesté Jean-Rameau Sokoudjou, Fo’o de Bamendjou, donne à cette édition une portée symbolique singulière — et pour une raison que beaucoup ignorent : cet homme est la mémoire dont il est question.

Sympathisant de l’UPC dès 1954, il a fréquenté et protégé Ruben Um Nyobè, Ernest Ouandié et Félix Moumié lorsqu’ils étaient recherchés par l’armée française. Cela lui a valu une résidence surveillée (1957-1959) puis des emprisonnements dans les geôles les plus dures du pays ; en son absence, l’armée française a occupé son palais et en a fait un QG [2]. Il se présente comme l’un des rescapés des chutes de la Metché, près de Bafoussam, où des dizaines de ses compagnons furent précipités — un épisode qu’il qualifie lui-même de « génocide des Bamiléké » [2]. Fait remarquable : Sokoudjou est aussi chef dans deux tribus, à Bamendjou en pays bamiléké et à Bikok en terre beti, après avoir été recueilli enfant par une famille ewondo. Et il répète volontiers que « le tribalisme n’existe pas au Cameroun », s’affichant en pourfendeur des divisions ethniques [2].

Selon les propos entendus et rapportés pendant la convention — dont Voix-Plurielles attend encore une transcription officielle complète —, le souverain aurait exprimé sa joie de retrouver ses « enfants bamiléké » tout en élargissant aussitôt son adresse à tous les Camerounais, salué l’initiative de l’ABC, dénoncé certaines formes d’ « indiscipline » au sein de la communauté, et exhorté la diaspora à travailler, investir et revenir contribuer au développement du Cameroun [3].

Si ces propos sont confirmés dans leur formulation, ils dessinent une articulation précieuse : l’enracinement sans l’enfermement. On peut appartenir profondément à son peuple sans considérer les autres Camerounais comme extérieurs à son destin. Venant d’un chef dont la trajectoire est intimement liée aux blessures de l’Ouest, le message a d’autant plus de poids.

Le Ndop, ou la question des codes

C’est dans ce cadre qu’il faut situer un autre volet des propos du Fo’o : sa mise en garde contre le port du Ndop par des personnes qui n’y seraient pas habilitées — autrement dit, contre le non-respect des codes traditionnels [3].

Loin d’être un simple pagne, le Ndop (« dze ndouop ») est le textile sacré des Grassfields, introduit comme tissu royal dans les chefferies bamiléké et adopté comme symbole même de la chefferie, de la noblesse et des sociétés secrètes [4]. Ses usages étaient rituels et funéraires : il habille les rois et notables, orne les lieux de deuil, sert de linceul aux souverains. Surtout, son port n’a jamais été un geste anodin. Comme le rappellent plusieurs travaux, il était historiquement réservé aux rois, reines, dignitaires et initiés — et « celui qui portait ce tissu sans en être digne pouvait subir des malheurs » [5]. L’industrialisation et la mode l’ont depuis démocratisé, jusqu’à l’imprimer sur des bouteilles de bière : le Ndop est devenu icône esthétique mondiale, au risque de se vider de sa fonction symbolique [4].

La remarque du Fo’o, n’est donc pas un caprice de vieux roi. Elle réaffirme une vérité : certaines choses portent un code, et le code fait partie de la racine. Or c’est précisément la même question que posait, sous une autre forme, la controverse Stéphanie Mbida — celle des critères, de la légitimité, de ce qui autorise à occuper une place ou à revêtir un signe. Le Ndop est le miroir culturel du débat sur la keynote : dans les deux cas, la communauté se demande qui est qualifié, et selon quels critères. Une convention dont le thème est « la grandeur à partir de nos racines » ne peut pas éluder cette question : les racines ne sont pas seulement des danses et une cuisine, ce sont aussi des règles.

La’akam : partir de la mémoire

C’est ici qu’apparaît la différence avec La’akam. L’organisation formule son projet en termes explicitement historiques. Fondée à la fin des années 2010 par des descendants de survivants de ce qu’elle nomme le « génocide bamiléké », elle organise une commémoration annuelle de ces violences et a même noué, à partir de 2022, un partenariat avec le Holocaust Center de Pittsburgh, établissant un parallèle entre l’expérience bamiléké et l’expérience juive, entre « bamiphobie » et antisémitisme [6]. Sa philosophie se résume à une question : quand les Bamiléké provoqueront-ils leur renaissance ?

Pour La’akam, le développement ne peut être séparé de la mémoire. Avant de demander « que pouvons-nous construire ? », il faut demander « qu’est-ce qui a été détruit ? ». Une précision s’impose toutefois, par souci d’exactitude : le terme de « génocide » est revendiqué par La’akam, par le Fo’o Sokoudjou et par une partie de la communauté, mais la Commission mixte franco-camerounaise, dans son rapport de 2025, a indiqué ne pas être juridiquement habilitée à qualifier ces violences de génocidaires, tout en les jugeant « extrêmes » [7]. Le débat sur le mot ne retire rien à la réalité documentée des faits ; il rappelle simplement qu’entre mémoire vécue et qualification juridique, il existe un espace que l’analyse doit tenir.

ABC et La’akam : deux visions incompatibles ?

La tentation serait de répondre oui. Ce serait trop simple. Les textes des deux organisations révèlent de nombreux points communs : unité, culture, développement, transmission, excellence. La différence porte moins sur la destination que sur le point de départ. Pour l’ABC : nous sommes une diaspora dynamique ; organisons notre puissance pour construire l’avenir. Pour La’akam : nous sommes les héritiers d’une histoire traumatique insuffisamment reconnue ; comprenons-la et reconstruisons-nous à partir de cette conscience. L’une part du potentiel et met en avant la projection ; l’autre part de la mémoire et insiste sur la réparation. L’une demande : que pouvons-nous devenir ? L’autre : que nous est-il arrivé ?

Peut-être un peuple a-t-il besoin des deux questions. Précisons-le nettement : cette lecture est une hypothèse d’analyse, non le constat d’un conflit institutionnel avéré entre les deux structures.

Stéphanie Mbida : la polémique change de nature

C’est dans cette différence philosophique que l’affaire Mbida prend une autre dimension. Voix-Plurielles y a consacré deux analyses, refusant deux simplifications : celle qui range toute personne opposée à son invitation parmi les « tribalistes », et celle qui ferait de son origine, en soi, une raison légitime de l’exclure. Les questions posées portaient sur la qualification professionnelle, les critères de sélection et la sensibilité d’un événement communautaire.

Chicago apporte des faits nouveaux qui nuancent fortement le récit d’une « rétrogradation ». Selon le programme officiel actualisé de la convention, Stéphanie Mbida a bien prononcé, le vendredi 4 septembre, l’Opening Keynote du Business Expo — « Building Wealth Across Generations: Financial Confidence, Ownership & Legacy » —, avant d’apparaître, le samedi, comme membre du panel « Economy & Entrepreneurship », tandis que Martha Shey était annoncée en keynote du symposium [8]. La réalité est donc plus complexe qu’un simple « maintien » ou un simple « retrait » : elle fut keynote dans une partie importante de la programmation économique, puis paneliste. Ce fait mérite d’être établi précisément.

Cela ne fait pas disparaître les interrogations antérieures. Notre vérification avait distingué ce qui, du parcours de Stéphanie Mbida, est solidement établi — une présence numérique réelle et importante de créatrice de contenu, l’existence de projets entrepreneuriaux associés à son nom — de ce qui demeurait principalement déclaratif : montants annoncés, distinctions, diplôme, fonctions. Le droit de réponse que nous lui avons proposé reste ouvert. Mais la question n’est plus « fallait-il l’empêcher de venir ? » : elle est venue, elle a parlé. La question devient : qu’a-t-elle apporté ? Son intervention a-t-elle donné aux participants des outils, une perspective, une réponse — même indirecte — aux interrogations sur son expérience ? Et a-t-elle servi la mission que l’ABC s’est elle-même donnée ? Ce sont désormais ces questions qui doivent être évaluées.

Deux risques symétriques

L’analyse doit rester équitable, car chaque approche porte son propre danger.

L’ABC court le risque de l’amnésie dans la prospérité. Un peuple n’est pas un réseau professionnel ; une civilisation n’est pas un Business Expo. Si « la grandeur à partir de nos racines » se réduit au Ndop porté en accessoire, à quelques danses et à des entrepreneurs prospères, l’identité bamiléké risque de devenir une marque culturelle — une communauté riche qui ne sait plus tout à fait pourquoi elle existe. La remarque du Fo’o sur les codes est, à cet égard, un garde-fou.

La’akam court le risque inverse : celui de l’enfermement dans la mémoire. Un peuple ne peut vivre éternellement dans son tombeau. Commémorer est nécessaire, documenter indispensable, demander justice légitime ; mais la mémoire n’atteint sa pleine puissance que lorsqu’elle aide les vivants à construire. Le musée doit conduire à l’école, l’archive à la transmission, la commémoration à la citoyenneté. Sans cela, la mémoire risque de devenir elle-même une prison.

Deux jambes pour marcher

Et si l’ABC et La’akam n’incarnaient pas deux visions ennemies, mais deux dimensions incomplètes d’un même projet ? La mémoire sans développement conduit à la nostalgie ; le développement sans mémoire, à l’amnésie. La culture sans économie devient folklore ; l’économie sans culture, simple accumulation. L’identité sans ouverture dérive vers le repli ; l’ouverture sans ancrage, vers la dilution.

C’est peut-être la leçon la plus profonde de Chicago, et elle tient dans une figure : le vieux roi de Bamendjou. Sokoudjou peut parler à ses enfants bamiléké et accueillir les autres Camerounais dans la même phrase. Il peut porter la mémoire d’une région martyrisée et continuer à parler du Cameroun. Il peut rappeler les codes du Ndop et exhorter la jeunesse à bâtir l’avenir. Ne pas choisir entre la racine et la branche : voilà peut-être la maturité historique. La racine dit d’où l’on vient ; la branche oblige à décider où l’on va. Un arbre qui renie ses racines finit par sécher ; mais un arbre qui refuse de faire pousser ses branches ne devient jamais une forêt.

La polémique autour de Stéphanie Mbida aura eu, au fond, une vertu inattendue : obliger la communauté à se demander ce qu’elle attend vraiment d’une All Bamiléké Convention. Une fête, un forum économique, une institution culturelle, un lieu de mémoire, un instrument de développement ? Probablement un peu de tout cela. Mais une organisation qui porte le nom All Bamiléké porte une exigence particulière : écouter la pluralité de ceux qu’elle prétend rassembler — sans confondre l’inclusion avec l’effacement, ni la défense de la mémoire avec le rejet des autres Camerounais.

— Voix-Plurielles

Et Pittsburgh?

Il reste une question que Chicago laisse en suspens. À quelque 460 miles à l’est, dans une autre ville américaine, La’akam a inauguré le 11 avril 2026 le International Museum of the Bamiléké Genocide — le premier musée entièrement consacré à cette mémoire, ouvert sur rendez-vous, où des autorités traditionnelles s’étaient rassemblées le jour de l’ouverture [9]. Le Fo’o de Bamendjou en connaît l’existence.

Or cet homme n’est pas un visiteur comme un autre. Rescapé des chutes de la Metché, protecteur d’hier de Ruben Um Nyobè et d’Ernest Ouandié, il est, à lui seul, une part de ce que ce musée cherche à transmettre. Il a traversé l’Atlantique pour la convention de l’ouverture et des affaires. Fera-t-il aussi le voyage vers le lieu de la mémoire ?

Aucun déplacement de ce genre n’était annoncé au moment où nous écrivons, et sa présence à Chicago ne saurait, à elle seule, se lire comme un choix contre Pittsburgh : les agendas d’un homme de son âge ont leurs contraintes, et rien n’oppose, en droit, les deux gestes. Mais la question, posée sans procès, dit peut-être l’essentiel de ce dossier. Car si la racine et la branche doivent tenir sur le même arbre, alors le chemin de Chicago à Pittsburgh — de la puissance retrouvée au tombeau qu’on refuse d’oublier — est exactement celui qu’une renaissance bamiléké aurait à parcourir.

— Voix-Plurielles

Note méthodologique de la rédaction

Cette analyse s’appuie sur les documents publics d’ABC North America et le programme officiel de Chicago 2026, les publications de La’akam et de ses partenaires, des sources historiques et de presse concernant le Fo’o Sokoudjou et le tissu Ndop, ainsi que les précédentes vérifications de Voix-Plurielles. Deux réserves importantes : (1) les propos attribués à Sa Majesté Sokoudjou pendant la convention — y compris sa mise en garde sur le port du Ndop — sont rapportés d’après les interventions entendues au moment de la rédaction ; leur formulation exacte sera mise à jour dès qu’une vidéo intégrale ou une transcription officielle sera disponible. (2) Le détail de la programmation (keynote du vendredi, panel du samedi) provient du programme publié par les organisateurs ; il engage l’ABC et non notre rédaction. L’opposition ABC / La’akam est une hypothèse analytique, non une déclaration officielle de l’une ou l’autre organisation.

Sources

[1]: All Bamiléké Convention of North America — ABC Chicago 2026 (6ᵉ édition), Illinois Bamiléké Association, Tinley Park Convention Center, thème « The Greatness From Our Roots », devise « One People – One Destiny », mention « ALL ARE WELCOME ». Site officiel abc.yayatoh.com ; fiche « Choose Chicago » (choosechicago.com) ; application officielle « ABC Chicago 2026 » (Google Play).

[2] : Biographie de Jean-Rameau Sokoudjou, Fo’o de Bamendjou : sympathie et protection de l’UPC (Um Nyobè, Ouandié, Moumié) dès 1954, résidence surveillée 1957-1959 et emprisonnements, occupation de son palais par l’armée française, survie aux chutes de la Metché, double chefferie Bamendjou/Bikok, positions anti-tribalistes. Wikipédia (en), Jean-Rameau Sokoudjou ; Africa-Press / Jeune Afrique, Jean Rameau Sokoudjou, roi rebelle des Bamendjou (2021). Sur l’exécution publique d’Ernest Ouandié à Bafoussam (janvier 1971) : Survie, Massacres en pays bamiléké.

[3] : Propos tenus par le Fo’o Sokoudjou lors de l’ABC Chicago (présence saluée comme invité d’honneur ; joie exprimée à l’égard des « enfants bamiléké » et de tous les Camerounais ; dénonciation d’une « indiscipline » et du port indu du Ndop ; exhortation au travail et au retour au pays) : interventions entendues et rapportées pendant la convention, en attente d’une transcription officielle.

[4] : Origine et statut royal du Ndop dans les chefferies des Grassfields, symbole de la chefferie, de la noblesse et des sociétés secrètes ; démocratisation contemporaine par la mode. Jeune Afrique, Cameroun : le Ndop fait son retour dans le sillage du wax (2021) ; Ndop (textile), Wikipédia (fr) ; African-Avenue, Le Tissu Ndop : guide du textile royal du Cameroun (2026).

[5] : Usage traditionnellement réservé aux rois, reines, notables et initiés, fonction rituelle et funéraire, et interdit implicite (« celui qui portait ce tissu sans en être digne pouvait subir des malheurs »). Théologat de Kinshasa (Xavériens), La vision symbolique de l’art figuratif dans la culture bamiléké : le tissu sacré Ndop (2023) ; africafashioncode.net, Le ndop traditionnel camerounais (2021) ; Karioska, Tout savoir sur le tissu Ndop bamiléké.

[6] : La’akam : organisation fondée par des descendants de survivants du « génocide bamiléké » pour en faire mémoire, commémoration annuelle des violences (dès janvier 2021), partenariat à partir de 2022 avec le Holocaust Center de Pittsburgh et parallèle entre « bamiphobie » et antisémitisme. Holocaust Center of Pittsburgh, Our Work with La’akam ; présentation officielle de La’akam.

[7] : Sur la qualification des violences : la Commission mixte franco-camerounaise (rapport de janvier 2025, dir. Karine Ramondy / Blick Bassy) indique ne pas être juridiquement habilitée à qualifier les faits de génocidaires, tout en les jugeant « extrêmes ». Reconnaissance par Emmanuel Macron d’une « guerre » au Cameroun (lettre de juillet 2025, rendue publique en août 2025). Voir les analyses précédentes de Voix-Plurielles et : Franceinfo (janvier 2025) ; Reuters/AP (août 2025).

[8] : Programmation économique de l’ABC Chicago 2026 : Opening Keynote du Business Expo prononcée par Stéphanie Mbida le vendredi 4 septembre (« Building Wealth Across Generations: Financial Confidence, Ownership & Legacy ») ; Martha Shey annoncée en keynote du symposium du samedi 5 septembre, Stéphanie Mbida figurant parmi les membres du panel « Economy & Entrepreneurship ». Source : programme officiel actualisé publié par les organisateurs (site et application ABC Chicago 2026).

[9] : International Museum of the Bamiléké Genocide (aussi désigné National Museum of the Bamiléké Genocide), Pittsburgh, inauguré le 11 avril 2026, porté par La’akam, visitable sur rendez-vous ou lors d’événements ; présence d’autorités traditionnelles à l’inauguration. Bamilekemuseum.com ; Lebledparle (avril 2026) ; MMI News (avril 2026). Distance Chicago (Tinley Park) – Pittsburgh d’environ 460 miles. Sur le terme « génocide », dont l’usage reste débattu, voir la note [7].

Note : les vérifications relatives au parcours entrepreneurial de Stéphanie Mbida — distinction entre éléments établis et éléments déclaratifs — figurent dans la précédente enquête de Voix-Plurielles, à laquelle le droit de réponse proposé demeure attaché.

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