Par Voix Plurielles
Alors que le Cameroun se dirige vers l’élection présidentielle de 2025, il ne s’agit pas simplement d’un rendez-vous politique. Il s’agit d’un moment décisif dans l’histoire nationale. Pays riche en ressources humaines et naturelles, le Cameroun est confronté à une crise de légitimité, fragilisé de l’intérieur, observé de l’extérieur et prisonnier d’une stagnation autoritaire de plusieurs décennies.
Une démocratie déclarée, mais non pratiquée
Depuis les années 1990, le multipartisme est autorisé au Cameroun, mais l’alternance reste un mirage. Le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, est l’un des chefs d’État les plus anciens au monde. Sous son règne, les élections ont été entachées d’accusations de fraude, d’intimidation des opposants et d’exclusion des voix critiques.
La liberté de réunion est réprimée. Les médias indépendants sont menacés. Les leaders de l’opposition sont arrêtés ou exilés. Les citoyens ne croient plus que le vote puisse changer les choses.
2025 : une élection décisive
Pour la jeunesse — plus de 60 % de la population — l’élection de 2025 est une opportunité décisive pour façonner leur avenir. Ils ont hérité des promesses non tenues, des conflits prolongés et de l’effritement des institutions. Et pourtant, cette jeunesse incarne l’espoir, le courage et la créativité.
Si cette génération est une fois de plus trahie, les conséquences seront graves : effondrement de la confiance dans les institutions, exode massif, fragmentation sociale, et potentiellement, déstabilisation durable.
La communauté internationale : complice ou arbitre ?
Les puissances étrangères et les organisations internationales doivent assumer leur part de responsabilité. Leur silence face à la dérive autoritaire du Cameroun est éloquent. La stabilité ne saurait être préférée à la justice.
La France, les États-Unis, l’Union européenne, l’Union africaine doivent exiger :
Des élections libres et transparentes
Une justice indépendante
Une véritable liberté d’expression
L’avenir en jeu
Ce qui est en jeu, ce n’est pas un fauteuil, mais l’âme de la nation.
Aux Camerounais, de l’intérieur comme de la diaspora : votre voix compte.
Aux décideurs actuels : le pouvoir s’use quand on s’y accroche par peur.
À la communauté internationale : ce pays n’a pas besoin de votre charité, mais de votre cohérence morale.
À la jeunesse : engagez-vous. Organisez-vous. Votez.
L’histoire retiendra ce que nous aurons fait en 2025.


